Chronique parue sur
Jamzine, par
piednez, le 20 jan 2007
Le référence à Shakespeare est évidente. Exit Romeo propose un univers entre chanson et soft rock, un album assez sentimental et emprunt d’une certaine nostalgie…
D’abord l’œuvre solitaire de Cyril (guitare/piano/chant), Décalages a été publié en 2006, enregistré par ses soins et chez lui. Mais début 2006, il rencontre Guillaume (basse), Stéphane (batterie) et Laurent à la guitare, issus de styles pour le moins différents (métal par exemple). Le groupe ainsi constitué, va tout d’abord ré-arranger les compositions de Cyril pour les adapter au format de groupe et de scène, puis les nouveaux arrivants vont commencer à apporter leurs propres compositions.
Si aucun titre de la nouvelle formation n’est pour le moment disponible sur Jamendo, on peut déjà trouver sur Audiofanzine, quelques nouveaux titres, des versions live… en attendant un futur album de groupe.
Mélodiquement agréable et bien construit, ce sont les textes qui donnent la profondeur à cet album. Des textes marqués de sentiments forts, pour certains très évocateur d’une rupture sentimentale difficile et visiblement vécue… C’est ce qui donne l’accroche particulière à cet album, la fragilité d’un être, exorcisée par l’écriture. En témoigne la superbe chanson Malika, que Cyril nous donne envie de rencontrer, à l’écoute de cette « Ode » que Cyril offre une amie qui lui est chère, sur le thème du déchirement et des question qui, inévitablement, se posent au terme d’une histoire …
Décalages ne tombe pas dans l’excés de bons sentiments, aidé en ça par des mélodies simplement belles et un jeu de guitare extrêmement minutieux et inventif.
Après une intro très acoustique et intimiste, le très pop-rock 15 heures donne le ton, gamme vocale étendue, joli jeu de guitare (cyril étant fan de Mark Knopfler ou David Gilmour) … ne manque qu’une batterie pour rythmer le tout. Puis viens Alter Ego, même recette, les nappes de percussions electro en plus. Nappes discrètes et qui appuient la mélodie sans l’écorcher. Et la nuance entre le caractère fort de certains thèmes et le côté tendre d’autres, à l’intérieur d’un même titre est le point fort d'Exit Roméo. Le même titre revient une seconde fois, cette fois ci avec une instrumentation très épurée, le piano accompagnant seul la voix superbement interprétée et maîtrisée par Cyril (avec quelques bruitages discrets et renforçant l'atmosphère imaginée par l'auteur). Alter Ego est surement le plus joli texte de cet album, au vocabulaire dur, exprimant les maux si poétiquement… Le petit côté bossa de Décalages, réchauffe un peu le climat instauré avec la piste précédente… mais le texte lui est toujours désabusé (« Maintenant que j’ai le bon billet, toi tu veux prendre le quai d’à côté… »). Un texte écrit en même temps que celui de Malika...
La faute est assez spéciale, atmosphère froide à l’extrème. Mais la performance vocale est là encore impressionante…
Le fugitif, à nouveau un titre plus latin mélodiquement… Moins noir aussi, malgré ce thème toujours lié à la rupture…
Le retour qu’opère L’ombre au pop-rock, redonne la dynamique au moment ou peut être l’ennui, dù à la latence du thème d’écriture, pourrait s’instorer. Judicieusement placé, il amène doucement au point d’orgue émotionnel de cet album, Malika. Surement LA chanson que tout romantique aurai voulu écrire à sa belle, sa muse, une fois l’avoir perdu. Et toujours ces petits effets sonores pour alourdir encore l'atmosphère, la "dramaturgie" de l'album.
M clôture l’album, sorte de résumé, de coda, avec ce petit phrasé de guitare dans les aigus, et ce thème musical en accord mineur.
La suite sera en groupe, et quelques nouveaux titres sont déjà présents sur Audiofanzine , pour découvrir dores et déjà, le sens que prendra Exit Roméo en tant que groupe.
Reste alors à souhaiter que l’effet de groupe préservera l’aspect intimiste qui se dégage de ce 1er album et en fait la véritable force.