20 octobre 2006

Alice : Majestueux

Un superbe album, pleins d'émotions et de nuances. Le classique est un style qui ne me parle pas trop, parceque tellement vaste et surtout au vue de mes pauvres références (j'apprécie ce que je connais déjà, mais je ne sais pas trop par où commencer l'exploration de l'oeuvre classique dans son ensemble).

Alors oui, on pense à une musique de film... les ambiances sont déjà installées, reste à écrire le scenario... Le film serait à la fois tendre et à suspense !
(Je pense parfois à Fantasia, parfois à Tim Burton).

J'essaye d'imaginer l'oeuvre grandiose que ça pourrait être, interprétée par un véritable orchestre symphonique. Parceque quelques sonorités synthétiques (violons dans les aigus ou percussions notamment) écrasent le côté majestueux imprimé par le rythme et les mélodies.

Mélodiquement, Alice est une véritable perle. Les arrangements sont tout simplement parfaits, très inspirés. L'oeuvre tient dans son ensemble. De l'ouverture à la clôture, on se retrouve dans un univers fabuleux, magique. Si l'on ne se fabrique poas vraiment d'images mentales ou d'histoire à proprement parlé en écoutant cette opus, on s'imagine aisément une ambiance particulière, des tonalités de couleurs, ils se passe quelquechose dans nos têtes.

Le tout a été composé pour sonoriser une exposition sur Lewis Caroll. Vraiment du grand Art.

Bravo et merci à Evan.

18 octobre 2006

boulbar : inspiré et tellement bien écrit

Ses mélodies simples et fortes à la fois, nous entrainent dans son univers et ce dès la première mesure de la première plage. Les textes sont bien cisellés, sur des sujets universels mais traités ici de manière originale. Et les mélodies accompagnent comme rarement les mots. Les chansons de Boulbar sont un tout et rien n'est laissé au hasard.

"De l'amour" c'est une ambiance sensuelle et lancinante, dans laquelle on se retrouve tous je pense, en tout cas moi ça me touche. Et cette voix grave et profonde participe à la création de ce climat.

"Les bars", est tellement bien vue... une observation millimétrée des pilliers de comptoir retranscrite dans une versification bien carrée sur une rythmique de musique populaire.

"Te rappelles-tu", c'est un peu un mix des 2 premiers sujets traités... les femmes, la sensualité et l'ambiance des cafés enfumés... jolie mélodie, mais peut être moins forte émotionnellement que les précédentes.

"Nord". Cet orgue me fait penser à Rick Wright aux alentours de 1969 (surtout sur les morceaux pirates de Pink Floyd). Une reflexion sur la fin du bassin minier du nord de la france... Encore superbement écrit, et mélodiquement simple et juste (les balais sur la caisse claire notamment créent cette ambiance qui fait penser à la vie s'arretant).

"La pluie"... J'aime moins celle là, (trop plein de pluie en Normandie peut être !). L'ambiance, issue des notes de piano en delay et de la disto de guitare par moment, colle encore une fois si bien au texte.

"Dans les rames de métro" est très gainsbourienne musicalement. D'ailleurs l'album complet fait assez penser à Serge Gainsbourg ou encore à Yves Simon.

"Dieu a fait la femme..."un sujet et une rythmique plus enjoué que précédemment. On sourit facilement parceque c'est bien vu et bien exprimé... Sympa.

"Le mariage..." On pense à Delerm ou Benabar. Ca ne me réconciliera pas avec le mariage, à l'Eglise ou ailleurs...
Chanson minimaliste contraste évident avec l'institution mariage, prise de partie évidente de l'auteur du fait de ce choix.

"Taxi de nuit" est très sombre mélodiquement, bien plus complexe que les autres titres. Les attaques et certaines succession d'accords sont surprenants. Par contre ces attaques, perdent un peu le texte en tout cas j'y fait moins gaffe.

"La fille aux yeux gris clairs", peut être ma préférée... Je pense encore à Yves Simon ici. Quel climat là encore, la force d'une mélodie simple et accrocheuse pour porter un texte encore une fois bien écrit.

"Le feu". J'ai un sentiment de non finition en écoutant ce titre. Il y a de l'idée, mais il me semble qu'il y a de la place pour un arrangement un peu plus complexe ou d'autres instruments pour appuyer ces attaques de guitare (dont la reverb me parait un peu trop prononcée). Le titre est aussi anti rythmique, jamais la vitesse n'est constante entre 2 mesures...

Pour clore l'album, "la chanson de l'aube", est une sorte de Coda du point de vue du texte on reviens au thème de la sensualité des corps... Musicalement, on ne peut plus facile. Disons que comme une ghost track ça passe tout seul, mais pour un morceau à part entière c'est un peu léger.

Voilà. Pour conclure, un bon album de chanson française atmosphérique, bien écrit et basé sur un tandem guitare-orgue, agrémenté ça est là de cuivres ou de percussions.

Boulbar me signale un nouvel album en préparation. Je l'attend impatiamment.

13 octobre 2006

Un malin plaisir : La touche tzigane

Palinka nous offre un album d'une tenue fantastique tant par la qualité de l'enregistrement que celle des compositions.

Un album stylé manouche, jovial et festif musicalement, assez positif dans le message délivré. Une chose est sure, "un malin plaisir" donne la pèche. L'instrumentation est assez classique pour ce style. Mélodiquement, rien de vraiment inventif, tout est dans l'arrangement et la qualité du jeu à la fois très technique et vraiment fluide...
Les mélodies s'écoulent comme une évidence.

La fraicheur que l'on peut resentir dès la première écoute, c'est assurément le plaisir évident de jouer de la part des musiciens, et ce plaisir est palpable et même communicatif dès l'intro de "Donnez moi un verre" qui ouvre l'album.

"Faut pas s'étonner" (tout comme "Donnez moi un verre" d'ailleurs) est sans conteste influencé directement de Sanseverino (musique, arrangements et manière de poser le texte sur la mélodie), et tient parfaitement la route ainsi, le tout avec l'identité Palinka, sous l'impulsion du timbre du chanteur.
Lache la foule est plutôt dans la lignée mélodique développée par Samarabalouf, le texte et la voix en plus.
J'apprécie particulièrement les ruptures rythmiques et la dynamique générale de "Un malin plaisir" qui me font penser à la BO du film Swing de Tony Gatlif.
Dors, est une assez jolie ballade (même si ce n'est pas necessairement le mot juste, c'est plus calme en tout cas...). Une sorte de respiration, avec un arrangement plus feutré que sur les titres précédents.
"Dragosh" sonne bien musique de l'Est, avec ses envolées en duo de guitares et violon... à la fois reposant et festif,et cette alchimie me plait.
"Leur jardin d'épine" est encore arrangé de manière très originale. Les 2 voix (masculine et féminine) se marrient assez bien, quoi qu'à certains moments, la justesse me parait limite.
Larevedere princess, sonne sirtaki... Un peu à la manière de Samarabalouf, Palinka explore la musique tzigane à travers le monde. Un véritable voyage, dépaysant.
Tu sors contient aussi ces ruptures rythmiques caractérisitiques du genre. Comme pour coller aux émotions des acteurs mis en scène par leurs textes. Le texte ma fait penser à Bénabar.
Catastrophe cloture merveilleusement cet album. L'originalité de l'arrangement, de la mélodie, et la qualité du jeu de guitare en font une sorte de bouquet final.

Cet album mérite énormément de succés, autant que de plaisir qu'il donne a être écouté.

Bonne continuation.