21 septembre 2006

Les années 80...

Je n'étais encore qu'à l'état de spermatozoide quand a débuté cette décennie... 9 années vécues à cette époque (j'ai même connu la France Giscardienne durant 2 mois...).
Je ne le savais pas encore, mais j'allais plus tard haillïr cette période. Outre le fait qu'elle corresponde à la desillusion socialiste, cette zone de l'espace temps (qui en fait débute dès 77 pour ne s'achever qu'aux alentours de 1993) est à rayer proprement dit des manuels d'histoire pour tout ce qui concerne l'art en tout cas.
En 1983, Federico Fellini s'interrogait et interpellait par la même occasion ses spectateurs sur la fin de l'art dans son film E la nave va... Il avait vu juste et n'imaginais probablement pas que ça n'allait qu'empirer
Mon art de prédilection, la musique, n'allait pas échapper à la règle.

Succedant à plus de 10 ans d'un style à son apogée, le rock et ses tendances satellites (1966-77), les années 80 allait voir une cruelle descente aux enfers de la créativité. Le premier facteur, et finalement peut être le seul, c'est le remplacement de l'humain par la machine... Désormais, piano, batterie, saxophone, cordes... tout allait être généré par ce satané synthétiseur... Seules les guitares électriques subsistent mais leur emploi n'a rien à voir les guitares virtuoses et créatrices d'ambiances des années 60 et 70...
Vous me direz, il fallait du renouveau... mouais ! Fin des seventies, le renouveau s'amorce, le punk d'un côté et son côté plus dur et direct que le rock, le disco de l'autre, et son ambiance festive et pas prise de tête. OK, je conçois.
Mais le début des années 80 présente la new wave... Nouvelle vague qu'ouïs-je ? Super ! Les Godards et autres Truffault ou Resnais... de la musique vont tout révolutionner !!!
Ah ben pour une révolution, c'en était une, c'est sur. Pèle-mêle Indochine, Madonna, Début de soirée, Depeche mode,... n'ont rien des Beatles, du Floyd, ou de King Crimson et pourtant ils vendent aussi bien voir même plus.
Non, la musique, en plus de n'être plus un art humain, deviens un commerce ou tout un chacun peut s'improviser chanteur sur une boite à rythme et ça donne Nicolas Sirkis par exemple, il ne sait pas chanter, il ne sait pas écrire, il ne sait pas composer mais alors, il cartonne ! On s'en fout les gens veulent bouger et pas se prendre la tête... Donnons leur à manger, des paroles crétines, des musiques immondes et un lave cerveau pour le consommateur mais aussi l'electeur, le citoyen moyen... pendant qu'il se dandine, il ne réfléchit pas à autre chose, on va fabriquer une génération de lobotomes et tout le monde va être content.

Si on regarde de plus près, même les grands de la décénie précédente se trouvent pris dans le moule, Genesis n'est plus que l'ombre de lui même, Yes tout en gardant son esprit se fourvoit dans un son excecrable, Pink Floyd n'échappe pas à la règle... Ange devenait même insuportable (Moteur, Vu d'un chien, Sève qui peut... ont un goût plus qu'amer).

J'exagère tout de même, quelques rares personnalités vont encore créer de belles choses à cette époque, Peter Gabriel par exemple, l'album So en 86 bien que formaté pour MTV, garde l'esprit de l'archange. Mickael Jackson, pas encore ravagé cérébralement par l'égocentrisme et le pouvoir de l'argent, sort Thriller en 83, un bon album à l'univers unique et donc nouveau.
Et puis Dire Straits, et son guitariste Mark Knopfler, joue encore au rock et au guitar heroes. Et en France, HF.Thiéfaine et son dyptique Dernières balises avant mutation / Soleil cherche futur,est encore porteur d'interet.
Ces exceptions, comme le dit le proverbe, confirment la règle.
Et pourtant nous baignions dans tout ça, sans trop se soucier.

La libérations des ondes ? magnifique ! la fête de la musique, je dis bravo ! Dommage que l'interet artistique retombe très vite à celui du pognon.

C'est aussi la fin du vinyle au profit du disque compact, qui ne saute pas, qui ne craque pas... chouette la technologie ! Mais la restitution acoustique des vibrations est aussi bien inférieure à celle que produisait la gallette noire et de ses microssillons...
Le Disque Compact est un plus petit format, plus facile à étaler dans les supermarchés et ça brille de mille couleurs à la lumière... Fascination profonde que cette brillance, comme pour les boules à facettes des discotèques.

C'est toute une époque qui est bafouée durant ma tendre enfance.

Après ça, le retour du son rock c'est pour 1992-93... Petit à petit, les batteries redeviennent des futs avec des peaux, les basses retrouvent une forme de guitare (elles étaient devenues des samples avec accés par touches de clavier ressemblant fortement à un piano mais sans les marteaux derrière qui prenent de la place)...

Mais, les années 80 ont laissé leur emprunte et la suite sera difficile pour d'autres raisons, j'y reviendrai plus tard.

Sinon le seul grand avancement dans les années 80 : c'est la suppression de la peine de mort en France... Et pour une fois, la france devance les Etats Unis, encore aujourd'hui, alors qu'elle a plutot l'habitude d'avoir 15 ans de retard...

4 commentaires:

Franco a dit…

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Anonyme a dit…

Salut!
ai lu avec intérêt le point de vue d'un "jeune" sur l'évolution (ne parlons pas de révolution, on ne sait pas ce que c'est!)durant les années fric.
hé oui, on est passé du progressive rock (à l'époque, on écoutait beaucoup led zep et deep purple, les stooges étaient un intro à la punk attitude, on comprenait rien à joan bez ou dylan et même si on comprend mieux aujourd'hui, c'est trop tard et le son passe pas plus qu'avant!)...
au disco.
Boney M, W.M.C.A. tube inter planétaire, il fallait que la musique fasse boum boum avec des pailettes.
les personnes qui n'avaient aucun sens du ryhtme pouvaient enfin danser, il y avait du fric qui coulait à flot, les boîtes de nuit étaient pleines de gens souriants,...
J'ai connu les années giscard, je suis né en 64! ancien batteur, aujourd'hui guitariste, aimant vraiement toutes sortes de musiques du monde, j'ai toujours un faible pour la musique qui transmet de l'énergie.
Il faut savoir que la france a toujour été sinistrée question rock, la langue française ne se prête à mon sens pas trop au chant (surtout crié ou hurlé), et pour des générations la culture rock a été initiée par TELEPHONE et le punk par ...plastic BERTRAND!
Little bob story ne sortait pas d'une pseudo sous culture.
il n'y a eu que Gainsbourg pour donner le son du rock à quelques chansons. L'opportuniste Dutronc a aussi surfé sur la vague avec un certain bonheur, et je ne parle pas du King français Johnny et consorts (dick rivers, eddy mitchell, ...)qui ne sont que des Erzats du system américain rapporté chez nous. Comme si le rock, populaire, devait être une mode plus qu'une façon de respirer.
xavier.martinie@bamco.hu

univers Pied d'nez > le blog a dit…

Merci d'éclairer cet article de ton point de vue. C'est vrai je suis bien plus jeune. Mais ma jeunesse a tellement été bercée par de la daube musicale, que j'ai du aller chercher le bon son dans les 3 decenies d'après guerre.
Suis d'accord en tout point avec ce post, sauf pour la langue française chantée. Si c'est assez restrein dans le style rock (mais je persiste Ange ou Thiefaine on fait du vrai rock en français, bien écrit et bien chanté), mais la chanson en français ça donne bien... plus poietique et littéraire que ce que nous ponde les britaniques. J'ai du mal avec le chant en Allemand ou en italien, parfois en espagnol. Je suis peut être chauvain (un bon français qui se respecte quoi), mais je trouve que Brel, Brassens, Ferré, Thiefaine, gainsbourg, Aznavour... et tant d'autres, sont de grands chanteurs, chacun dans leur style. Et que la langue française, peut se preter à la musique.
Merci d'être passé sur mon blog xavier.

Anonyme a dit…

TU OUBLIES PIAF!
non, bien sûr, la chanson française existe bel et bien, mais les sons des voyelles en français autres que A, O, I sont durs a chanter (ien, eu, par ex.)et je ne parle pas des consonnes (onnnnn).
C'est bien de chanter en français pour les chansons d'après guerre dont les très bons que tu as cité, ou pour les murmures genre "manu manu reva..." ou chanson actuelle (sauf pagny et chanson a voix justement, depuis mathieu jusqu'à lui ou foly).
Mais ou est le rock la dedans?
Le rap a prit le relai où le rock a déserté.
on n'imagine pas une chanson genre "god save the queen" des sex pistols en version rock ou punk français. c'est pour cela que Telephone à mieux marché que Trust!
"metro, c'est trop" en est un bon exemple, à comparer les chansons de Ferré...
Ceci étant dit, le problème vient de beaucoup loin que d'un PB de langue.
La société anglosaxone et la société européenne sont diamétrallement opposées en ce qui concerne la relation entre l'individu et le social. En clair, un blues par exemple n'existe pas et ne se comprend pas chez nous en tant que sensation, mais nous l'intellectualisons. chez nous, ces sentiments correspondent en litterature par zola par ex. ou le Fado au portugal. On en souffre, on ne l'extériorise pas comme les noirs (every day i have the blues)ou brésiliens (tristeza).
le punk français ou latin est nul et ne passe pas bien.immagine la chanson d'IGGY POP "i wanna be your dog" en français. les associations l'interdiraient...car on n'exprime pas directement nos émotions.